Space/Science — HabitableZone

Space/Science » in reply to CCNet News Items -- "LES ASTEROIDES CONSTITUENT LE PRINCIPAL RISQUE NATUREL PO UR LA TERRE" . . .

A quick, on the fly translation

LE MONDE | 27.06.02 | 11h53
Les astéroïdes constituent le principal risque naturel pour la Terre
Asteroids are the principal natural risk for the Earth

Un bolide de quelques dizaines de mètres de diamètre est passé à 120 000 kilomètres de nous le 14 juin. Depuis quelques années, les scientifiques recensent et surveillent les plus gros de ces géocroiseurs, dont la collision provoquerait une catastrophe à l'échelle planétaire.
Le 14 juin , un astéroïde d'une centaine de mètres de long a frôlé notre planète à 120 000 kilomètres, soit moins d'un tiers de la distance Terre-Lune.

A bolide several tens of kilometers in diameter passed 120,000 km ffrom us on the 14th of June. For several years, scientists have inventoried and watched the largest of these Earth-crossers, a collision with which would provoke a catastrophe on a global scale. On June 14th, an asteroid a hundred meters long brushed by our planet at a distance of 120,000 km, less than a third of the distance to the Moon.

L'élément le plus étonnant de l'information tenait au moins autant à la proximité du passage qu'au fait que l'astéroïde 2002 MN n'avait été détecté que... le 17 juin, soit trois jours après avoir rasé la Terre. La faute en incombe aux faibles moyens dont disposent les programmes de détection des objets célestes potentiellement dangereux, qui se focalisent sur la surveillance des astéroïdes d'au moins 1 kilomètre de diamètre et ratent très fréquemment les "cailloux" de l'espace plus modestes.

The most astonishing element of this event, as much as the proximity of the passage, was the fact that asteroid 2002 MN was only detected on...the 17th of June, three day after having grazed [literally, shaved] the Earth. The fault of this falls to the feeble means of which dispose the detection programs for potentially dangerous celestial objects, which are focused on the surveillance of asteroids at least 1 km in diameter, and frequently miss the more modest "pebbles" of space

En passant à 120 000 kilomètres de la Terre, 2002 MN s'installe à la deuxième place dans la liste des survols les plus rapprochés de notre planète, juste derrière 1994 XM1 qui, le 9 décembre 1994, était passé à 105 000 kilomètres. Il faut toutefois nuancer ces "records" car la surveillance organisée et systématique du ciel a moins d'une décennie. Il est donc probable que d'autres corps sont passés à moins de 100 000 kilomètres au cours de l'histoire récente.

In passing only 120,000 km from Earth, 2002 MN takes second place in the list of the closest flybys of our planet, just after 1994 XM1, on December 9th, 1994, which passed at only 105,000 km. One must also allow in these "records" for the fact that an organized and systematic
sky watch is less than a decade old. It is therefore probable that other bodies have passed at less than 100,000 km in the course of recent history.

Car le passage de bolides dans les environs de la Terre est monnaie courante. Le 24 juin, dix jours après 2002 MN, l'astéroïde 2002 LZ45 a été vu à 1,9 million de kilomètres. Les astronomes savent déjà que, le 25 juillet, à 22 h 34 (heure de Paris), 2000 PH5 passera à 1,7 million de kilomètres. Ils attendent aussi, pour le 30 août, à 3 h 36, 2001 EB18, à 5 millions de kilomètres. Et caetera.

After all, the passage of bolides in the neighbourhood of the Earth is common. On June 24th, ten days after 2002 MN, the asteroid 2002 LZ45 was spotted 1.9 million kilometers away. Astronomers already know that on July 25th, at 10:34 pm (Paris time), 2000 PH5 will pass us at only 1.7 million kilometers. They're also awaiting, on August 30th at 3:36 am (Paris time), 2001 EB18 at 5 million kilometers. And so on.

Pour parer les effets d'un certain catastrophisme, les scientifiques commencent par rappeler quelques chiffres : statistiquement, il tombe chaque siècle un astéroïde de quelques dizaines de mètres de diamètre. Si on passe à l'échelle supérieure, celle des objets de 1 à 2 kilomètres de diamètre, susceptibles de créer d'immenses dégâts au niveau d'un pays et d'avoir des répercussions planétaires, ils nous frappent, estime-t-on, une ou deux fois en 1 million d'années. Enfin, les cataclysmes majeurs, tel celui qui provoqua la disparition des dinosaures il y a 65 millions d'années - et, indirectement, la domination de la Terre par les mammifères... -, n'arriveraient qu'une fois tous les 100 millions d'années.

To downplay [?] the effects of a certain catastrophe, scientists begin by recalling some figures: statistically, an asteroid of some tens of meters in diameter falls each century. At the next level up, those objects of 1 to 2 km in diameter, capable of creating immense damage at a country-wide level and having planetary repurcussions, hit us, it is estimated, once or twice in a million years. Lastly, major cataclysms, such as the one that provoked the disappearance of the dinosaurs 65 million years ago - and, indirectly, the rise of mammalian domination of the Earth... -, occur only once in 100 million years.

Pour informer le public autrement qu'en l'effrayant, le groupe de travail sur les géocroiseurs - ces objets qui croisent l'orbite terrestre -, mis en place par l'Union astronomique internationale, a inventé une échelle des risques, baptisée échelle de Turin, du nom de la ville où elle fut présentée et adoptée en 1999 (Le Monde du 19 octobre 1999). Dès que les astronomes disposent des éléments orbitaux d'un astéroïde, de sa vitesse et de sa masse, ils peuvent calculer sa trajectoire pour les décennies à venir et le placer sur l'échelle de Turin, graduée de zéro à dix.

To inform the public in a way that won't terrify them, the working group on geo-crossers - those objects which cross the Earth's orbit -, created by the International Astronomical Union, has invented a risk scale, baptised the Torino scale after the town where it was presented and adopted in 1999 (q.v. Le Monde, Oct. 19, 1999). Once astronomers have the orbital elements of an asteroid, its speed and mass, they can calculate its trajectory for decades to come and place it on the Torino scale, on a scale of 1 to 10.

Classer un objet au degré zéro (connu aussi sous le nom de zone blanche) signifie qu'il n'a aucune chance de toucher notre planète. Le degré un (ou zone verte) porte une probabilité infime de collision mais incite les chercheurs à surveiller de près l'astéroïde en question pour affiner sa trajectoire. Ensuite, on passe en zone jaune (degrés deux à quatre et probabilité faible d'impact), puis en zone orange (degrés cinq à sept et probabilité importante), avant d'entrer en zone rouge. Lorsqu'un astéroïde parvient à se hisser au niveau huit, cela implique qu'il frappera sans doute possible la planète en y causant des dégâts locaux équivalents à ceux produits par un important tremblement de terre. A neuf, les dégâts deviennent régionaux (au sens planétaire...) et à dix, on se retrouve dans la configuration de la fin des dinosaures, avec une extinction massive des espèces.

To classify an object as category zero (also known as the White Zone) signifies that it has almost no chance of actually reaching the planet. Category one (or Green Zone) carries a miniscule probability of collision but incites the researchers to more closely follow the asteroid in question to refine its trajectory. Next, one passes into the Yellow Zone (categories 2 to 4 and small probability of impact), then the Orange Zone (categories 5 to 7 and important likelihood of impact), and finally the Red Zone. Once an asteroid reaches Category 8, it is implied that it will without doubt hit the planet and cause localized damage equivalent to a significant earthquake. At 9, the damage becomes regional (at the planetary scale...) and at 10, one finds oneself in the same situation as the end of the dinosaurs, with massive extinction of species.

Aujourd'hui, sont recensés quelque deux mille objets s'approchant peu ou prou de la Terre. 99,9 % d'entre eux sont classés dans la zone blanche de l'échelle de Turin. Seuls deux sont répertoriés en zone verte (et aucun dans les zones supérieures) : 2002 LY45 et 1997 XR2. Le premier (de 1,5 kilomètre de diamètre) devrait frôler la Terre en 2030 et le second (230 mètres de diamètre) en 2101.

Today we've inventories some 2000 objects approaching near or close to the Earth. 99.9% of them are classified as White Zone on the Torino scale. Only two are categorized as Green Zone (and none in the higher categories): 2002 LY45 and 1997 XR2. The first (1.5 km in diameter) should brush the Earth in 2030 and the second (230 m in diameter) in 2101.

Les nouvelles sont donc globalement rassurantes, à ceci près que la détection des astéroïdes à risques vient seulement de commencer et qu'elle ne se concentre pour l'instant que sur les corps les plus gros. Ce travail fastidieux de catalogage est néanmoins une première étape indispensable. Qui n'empêche pas les scientifiques de penser à ce qu'il faudra faire le jour où l'on classera un astéroïde dans la zone rouge.

The news is therefore globally reassuring, although the detection of risky asteroids [PHAs] has only just begun and is only concentrated for the moment on the largest bodies. This fastidious cataloguing work is nevertheless an indispensible first step. Which doesn't stop scientists from wondering what we would do once we classify an asteroid as a Red Zone one.

De deux choses l'une : ou bien la détection sera tardive et la seule réponse valable consistera à évacuer la zone d'impact, ou bien - cas de plus en plus probable avec le temps - les Terriens disposeront de plusieurs décennies pour réagir. Dans un rapport sur la menace venue de l'espace rédigé en 2001, trois chercheurs américains résumaient ainsi les solutions : dévier ou détruire le bolide, sachant que "dans un nombre élevé de cas, la destruction du corps crée le risque potentiel d'augmenter grandement le danger".

Two choices: one, the detection of the object will be late and the only possible response will consist of evacuating the impact zone, or secondly - and more likely over time - humanity will have several decades to react. In a 2001 report on the menace from space, three American researchers outlined the solutions: change the orbit or destroy the bolide, knowing that 'in most
cases, the destruction of the body creates the potential risk of greatly increasing the danger' [not a direct quote]

La réponse la plus efficace consiste à dévier l'astéroïde-tueur. Plusieurs idées ont été émises : y attacher un vaisseau spatial pour le pousser, faire exploser une bombe atomique à côté de lui - avec le risque non nul de le désagréger, remède qui pourrait se révéler pire que le mal -, ou bien, suivant le scénario imaginé en avril par l'Américain Joseph Spitale, changer la couleur de l'astéroïde en y déposant de la peinture ou de la poussière, afin de modifier sa température et, ce faisant, sa trajectoire. Seul inconvénient de cette méthode douce et écologique : pour être efficace, elle exigerait un délai... d'un siècle ou plus.

The most efficacious response consists in changing the orbit of the killer asteroid. Many ideas have been promulgated: attach a spacecraft to push it, explode an atomic bomb alongside it - with the non-zero risk of disaggregating the asteroid, a remedy which could reveal itself to be far worse -, or better, following the scenario imagined in April by the American Joseph Spitale, change the color of the asteroid by painting it or coating it with powder, to thereby modify its temperature and, in doing so, its orbit. The only drawback in this ecologically friendly method: to be efficacious, it will require a delay of... a century or more.

Pierre Barthélémy

Log in or register to post.

The whole thread (10 posts)